Le 9 mars 2026, David Eichholtzer et Marion Bedic-Keller présentaient au SMX Paris les enseignements d’une année complète de projets GEO menés chez des clients issus de secteurs aussi différents que la banque, la santé, le gaming, l’IT ou l’assurance. Pas des hypothèses sur ce que l’IA pourrait faire : des résultats mesurés, des cas chiffrés, des méthodes éprouvées. Voici ce qu’on en retient, et ce que ça change concrètement pour votre stratégie digitale.
L’Agence WAM au SMX Paris 2026 : pourquoi 2026 marque un tournant pour le GEO
L’Agence WAM est présente au SMX Paris depuis plus d’une décennie. Chaque année, c’est l’occasion de confronter nos pratiques à l’état de l’art du secteur. En 2026, le contexte est différent des précédentes éditions : le Search a basculé. ChatGPT, Perplexity, Claude, Mistral et bientôt Google AI Overviews, ne classent plus des liens. Ils synthétisent l’information pour délivrer une réponse directe. Votre marque n’est plus la destination ; elle est, au mieux, une source parmi d’autres.
Pendant plus de vingt ans, la relation entre les marques et Google reposait sur un deal simple : je te donne mon contenu, tu me donnes du trafic, il en résulte des conversions. Ce deal est rompu. L’IA s’est interposée entre l’utilisateur et la marque. David Eichholtzer résumait la bascule sur scène :
« Avec les IA génératives, nous passons d’une ère d’acquisition de trafic à une ère de disponibilité mentale et d’influence. »
David Eichholtzer, SMX Paris 2026
C’est dans ce contexte que David et Marion Bedic-Keller sont montés sur scène le 9 mars pour une session intitulée « Comment le GEO transforme la visibilité des marques : un an de cas clients et d’enseignements clés ». L’objectif était clair : livrer des enseignements activables issus du terrain, loin des généralités et des promesses de vendeurs d’outils.
Un an de cas clients GEO : six enseignements concrets pour les directions marketing
Le fil conducteur de la conférence était structuré autour de six questions que se posent concrètement les équipes marketing quand elles abordent le GEO.
1. La visibilité GEO dépend-elle vraiment du Earned Media ?
Oui, mais bien moins uniformément qu’on ne le dit. Nos audits sectoriels montrent des logiques radicalement différentes selon les marchés :
Secteur IT/ERP : c’est le Owned Media qui domine. SAP préempte ses thématiques via son site, sa communauté, son learning center, sa newsroom, tous en sous-domaines. Le tour de force de SAP : avoir fait de l’UGC chez lui, en hébergeant son propre forum utilisateurs. Les discussions se passent dans son propre jardin.
Secteur Santé : les médias verticaux font partie de l’équation gagnante sans la dominer. Les cabinets spécialisés restent devant.
Secteur Bancaire : les comparateurs et courtiers écrasent le parcours d’achat. Les banques arrivent en deuxième position, les médias en quatrième.
Local/Auto : les annuaires intègrent systématiquement le top 2 des sources citées.
Il n’existe pas de recette universelle. La part de Owned versus Earned dans les sources IA varie fondamentalement selon le secteur et la phase du parcours d’achat. Un audit GEO préalable est non négociable avant toute décision d’investissement.
Le cas de deuxiemeavis.fr illustre bien cette réalité. La plateforme de deuxième avis médical en ligne, cliente de l’Agence WAM depuis 2018, a construit sur la durée une stratégie de relations presse digitales organique : entre 60 et 80 retombées presse par an, soit près de 500 au total à ce jour. Ce volume de Earned Media se traduit directement dans les LLM (source : Keyword.com, janvier 2026) :
51,7 % de taux de détection sur 210 prompts génériques
20,5 % de taux de détection sur 800 prompts liés aux pathologies couvertes
Des résultats qui varient selon les plateformes : 38,8 % sur ChatGPT, 40 % sur Perplexity, 75,7 % sur Gemini
Avec un effet collatéral bénéfique pour la marque : +31 % de demandes marque dans Google et +82 % de trafic estimé entre 2023 et 2026.
La dispersion des taux entre LLM est elle-même un enseignement : votre visibilité GEO n’est pas un chiffre unique, c’est un portefeuille à piloter plateforme par plateforme.
2. Les personas construits avec l’IA sont-ils suffisants ?
Non. C’est l’un des enseignements les plus contre-intuitifs de l’année.
« Rajouter de l’hypothèse à l’hypothèse, ça devient compliqué. »
David Eichholtzer, SMX Paris 2026
Les personas les plus performants dans nos projets sont systématiquement ceux construits à partir de données réelles :
CRM et historiques de chiffre d’affaires
Interviews commerciales de terrain
Données centres d’appels
Moteurs de recherche et agents conversationnels internes
L’IA peut compléter ces données. En faire la base de travail, c’est une erreur marketing : on génère des personas moyens pour des prompts tout aussi moyens, qui donnent l’illusion d’être pertinents sans l’être vraiment.
3. Les contenus exclusifs et résolutifs ont-ils un impact mesurable ?
Oui, et le cas SOFIAP en est la démonstration la plus directe.
Bon à savoir : L’Agence WAM était déjà sur la scène du SMX Paris l’an dernier pour recevoir un prix spécial Semy Award IA Search pour ce même dossier SOFIAP. Un signe que le travail pionnier engagé sur le GEO produit des résultats mesurables, reconnus par la profession.
SOFIAP, spécialisée dans le prêt subventionné par l’entreprise, obtient une présence dans les sources de ChatGPT sur 22 des 30 prompts testés sur sa thématique, avec jusqu’à 11 citations dans une seule réponse. Ce résultat s’explique par une combinaison de contenu résolutif hébergé sur le site et de données propriétaires issues de baromètres Ipsos, qui alimentent des retombées presse à fort volume. Les chiffres 2025 :
125 retombées presse sur l’année, tous canaux confondus
+50 % de requêtes marque et +48 % de trafic marque versus N-1
SOFIAP et ses retombées citées sur 75 % des prompts testés sur Perplexity et ChatGPT
+100 % de nouvelles entreprises partenaires intégrées en 2024 (34 versus 17 en 2023)
4. La technique joue-t-elle davantage avec le GEO ?
LCP (temps de chargement des pages) sous 1 seconde (au-delà de 2 secondes, c’est rédhibitoire pour ChatGPT)
Données structurées Schema.org exhaustives et régulièrement mises à jour (même si nous ne sommes pas certains que ChatGPT en tient compte, c’est le cas de Google).
Structuration sémantique des contenus (balises HN)
Un point d’attention spécifique aux LLM : le JavaScript. La plupart des bots de LLM ne l’exécutent pas. Dans nos analyses terrain, un blog sans JS génère 133 citations sur les prompts testés, contre 0 pour une FAQ rendue à 100 % en JavaScript côté client. La solution prioritaire est le Server-Side Rendering. L’ancienne balise <noscript> fait aussi le travail pour aller vite.
Aucune potion magique technique ne viendra au secours d’un contenu pauvre.
5. Faut-il publier en anglais pour être visible dans les moteurs IA, même en France ?
Ce n’est pas à systématiser. ChatGPT effectue des recherches en anglais pour une large part des conversations initiées en français, ce qui signifie que des sources anglophones remontent fréquemment dans les réponses. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut forcement produire du contenu en anglais.
Marion Bedic-Keller était tranchée sur ce point en séance : « Si vous avez plein d’autres batailles à mener et que vous n’avez pas de marché anglophone, on ne va pas le conseiller en priorité. C’est la cerise sur le gâteau, ou une préconisation si vous êtes dans un secteur où 90 % des sources sont anglophones. »
Quelques nuances importantes à retenir :
Pour ChatGPT, le biais anglophone existe, mais peut évoluer. Engager une stratégie de traduction systématique sur cette seule base serait prématuré.
Sur les requêtes de proximité, les sources françaises reprennent logiquement le dessus.
Sur Google AI Overviews, le problème ne se pose pas : Google dispose d’un large index français et n’a pas besoin de l’anglais pour ses réponses.
6. Le store locator est-il un atout en GEO pour les marques à réseau physique ?
Oui, clairement, à condition qu’il soit servi en HTML. Sur les requêtes de proximité dans le secteur auto, les pages store locator de notre client dominent les sources avec :
Un taux de détection de 52,6 %
La première place face aux concurrents directs
Sans méthodologie, pas de GEO : ce que ça implique concrètement
Le risque avec le GEO, c’est de se disperser. Acheter un outil de monitoring LLM, publier quelques articles optimisés, espérer figurer dans ChatGPT. Ce n’est pas une stratégie, c’est de l’agitation.
Un point qui a provoqué des réactions en salle : la notion de « position dans les LLM » n’a pas de sens. Posez la même question 122 000 fois à un LLM, vous obtenez 121 999 ordres différents. La vraie question à se poser : est-ce qu’on y est, dans quel contexte, et avec quel sentiment ? Pas à quelle position.
Quelle est la part de Owned, Earned et Shared dans les citations ?
Ce n’est qu’après cette phase que l’on construit la tactique GEO adaptée.
« Les dépenses liées aux outils ne devraient pas dépasser 10 à 15 %. La stratégie et l’exécution devraient constituer l’essentiel du budget. »
David Eichholtzer, SMX Paris 2026
Et l’exécution, dans ce contexte, signifie casser les silos. Communication, relations presse, marketing, commercial, IT, social : tout ce monde doit travailler ensemble et coordonner ses prises de parole. C’est aujourd’hui le défi le plus difficile à relever dans un projet GEO, et c’est peu dit dans les conférences.
« Pour que cette méthodologie fonctionne, il est primordial de casser les silos entre services et de travailler ensemble autour d’un même objectif en coordonnant les prises de parole. »
Marion Bedic-Keller, SMX Paris 2026
Bon à savoir : Gartner prédit un doublement des budgets relations presse d’ici 2027, dans le sillage de la montée des LLM. L’Agence WAM, agence de relations presse depuis 2014, observe déjà ce regain d’intérêt. Une subtilité à connaître : les grands médias français membres du Geste (Le Parisien, Le Figaro…) sont majoritairement fermés au crawl des IA génératives. En revanche, leurs espaces publireportage restent accessibles. C’est un levier à intégrer dans la stratégie, en complément des relations presse organiques.
Les KPIs évoluent en conséquence. Deux nouveaux indicateurs s’imposent :
Le Share of Voice (SOV) : la fréquence à laquelle votre marque est mentionnée ou citée par les LLM par rapport à vos concurrents.
Le Share of Model (SOM) : la probabilité statistique que l’IA associe votre marque à une expertise spécifique dans ses « neurones ».
On réintroduit aussi le concept de saillance de marque, théorisé par Byron Sharp dans How Brands Grow. Plus votre marque est associée à de nombreux Category Entry Points dans la mémoire des LLM, plus elle a de chances d’apparaître au bon moment dans le parcours de décision. C’est une logique de construction de marque sur la durée, pas une optimisatihttps://agence-wam.fr/labels-et-certifications/on de page.
On ne peut plus se permettre d’être médiocre. C’est l’enseignement le plus percutant de cette conférence, et le plus contradictoire : au moment où générer du contenu n’a jamais été aussi facile avec l’IA, ce qui fait la différence c’est précisément ce que l’IA ne peut pas produire seule. Des données propriétaires, des interviews clients, des baromètres exclusifs, des points de vue d’experts ancrés dans la réalité du terrain.
Le SEO et le GEO cohabitent. Le gâteau du Search continue de grossir. Ce ne sont pas deux disciplines opposées mais deux surfaces de visibilité complémentaires,qui ne se mesurent simplement pas de la même manière.
Le SMX Paris 2026 était l’occasion de partager ces enseignements à une communauté de praticiens. Ce n’est pas la fin du sujet : c’est le début d’une discipline qui va structurer les stratégies digitales pour les années à venir.
Vous voulez savoir où en est votre marque dans les moteurs IA et quel plan d’actions mettre en place ?
C’est précisément l’objectif du PoC GEO de l’Agence WAM : déterminer votre visibilité actuelle dans les LLM, les sources qui vous citent ou vous ignorent, les opportunités sectorielles à saisir en priorité et mettre en place ensemble une stratégie GEO pour rendre visible votre marque dans tous les LLM ! Découvrir notre approche GEO
Parce qu’une vraie discussion vaut mille briefs PDF, contactez-nous pour échanger de vive voix sur votre
autorité digitale, vos besoins, votre projet. Mieux ? Venez nous voir en vrai dans notre agence à Lyon ou à
Mulhouse.