Un an de cas clients GEO, ce qui fonctionne vraiment

Le 21 avril 2026, nous avons animé un webinaire en prolongement de notre intervention de mars 2026 au SMX Paris. Un an de projets GEO, plusieurs secteurs analysés, et une évidence qui s’impose : les études publiées sur les moteurs IA donnent des repères, mais passent à côté des écarts sectoriels que seul le terrain révèle. Voici ce que nous avons réellement observé, les erreurs qui reviennent le plus souvent, et l’élément qui distingue les marques qui avancent de celles qui piétinent.

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Ce qu’il faut retenir de ce webinaire

  1. Les études globales sur le GEO donnent des moyennes utiles mais masquent des logiques sectorielles très différentes, qu’il faut toujours confronter à son propre marché.
  2. Les personas et les prompts les plus performants se construisent à partir de données internes réelles (CRM, centres d’appels, moteurs de recherche internes), pas à partir de ChatGPT.
  3. Les signaux techniques restent non négociables : server-side rendering, fraîcheur des contenus et store locator pèsent massivement dans les réponses des moteurs IA.
  4. Le budget GEO doit rester investi prioritairement dans la stratégie et l’exécution, avec 10 à 15 % maximum alloués aux outils.
  5. 60 % de la réussite d’un projet GEO repose sur la capacité de l’entreprise à décloisonner et coordonner ses équipes SEO, édito, RP, social, data et IT autour d’un même objectif.

David Eichholtzer et Florian Guilteaux ont ouvert les coulisses de la méthode WAM lors d’un webinaire animé par Xavier Favarel. L’objectif était simple : remettre les études générales à leur place et partager ce que racontent vraiment les cas clients GEO présentés au SMX Paris 2026. Une question revenait en filigrane pendant toute la session : que faire maintenant, concrètement, pour exister dans les réponses de ChatGPT, Perplexity ou Gemini ?

Un an après, où en sont les marques sur le GEO ?

Le sondage live lancé pendant le webinaire a donné une photographie assez parlante de la maturité des participants. 54 % en parlent en interne mais restent en observation, 32 % ont lancé leurs premiers tests et audits, et seulement 7 % pilotent une stratégie GEO structurée. L’échantillon n’a rien de représentatif, mais il colle à ce que nous voyons en rendez-vous chaque semaine : la prise de conscience est là, le passage à l’action traîne.

Ce décalage ne va pas durer. Un Français sur deux utilise déjà une IA générative dans ses recherches, Google l’a confirmé, et Google AI Overview devrait arriver en France d’ici le deuxième semestre 2026. Les marques qui attendent la généralisation pour bouger auront perdu plusieurs mois d’apprentissage face à celles qui ont déjà commencé à auditer leur visibilité dans l’IA Search.

Pourquoi les études globales ne suffisent pas

Les chiffres qui circulent partout sont réels. L’étude SimilarWeb sur le paysage de l’IA générative mesure 54 % de earned media dans les citations de ChatGPT et plus de 60 % dans AI Mode. Le problème, c’est que ces études et baromètres se multiplient et restent souvent très généralistes, le plus souvent américains, rarement calibrés sur votre secteur ni même sur le marché français. Les moyennes qu’ils produisent masquent des écarts considérables dès que l’analyse descend au niveau d’un marché donné.

Sur le marché des ERP, ce sont les éditeurs eux-mêmes qui tiennent le haut du pavé.
En santé, les cabinets spécialisés et les acteurs du marché devancent les médias.
Dans la banque, les courtiers et les comparateurs raflent la mise dès la phase de comparaison.
Dans le local, les points de vente eux-mêmes dominent largement.

Chaque marché joue avec ses propres règles. Copier la recette d’une étude sans la confronter à sa propre thématique revient à arriver avec le mauvais plan de match. Le earned, et plus particulièrement les relations presse, reste toutefois le levier le plus puissant pour installer durablement une marque dans les réponses IA. « Nous cumulons près de 500 retombées presse pour deuxiemeavis.fr depuis 2018, et aujourd’hui une réponse sur deux sur les requêtes génériques mentionne la marque. Cela n’a rien d’un hasard. » précise David Eichholtzer dans ce webinaire.

 

Vos données internes valent mieux que ChatGPT

Demander à ChatGPT de générer vos personas et vos prompts types est une tentation classique. C’est aussi la meilleure manière d’empiler des hypothèses sur des hypothèses. Les vrais prompts de vos clients ne dorment pas dans les LLM, ils dorment dans vos CRM, vos centres d’appels et vos moteurs internes.

Dans l’immobilier, nous avons croisé les requêtes issues des moteurs internes des clients avec les volumes Google People Also Ask pour cartographier des intentions validées par les faits. Dans l’IT B2B, ce sont les données du portefeuille CRM, enrichies par des interviews des consultants et des commerciaux, qui ont permis de construire des personas solides. L’IA vient en appoint, pas en fondation.

 

 

Même logique sur le contenu. Les cas deuxiemeavis.fr et Sofiap, devenu une référence en GEO grâce aux RP, partagent un même moteur : du contenu inédit, résolutif, appuyé sur des sondages OpinionWay ou Ipsos. Chez Sofiap, 75 % des réponses aux prompts testés mentionnent la marque, avec jusqu’à 11 citations par réponse. Un contenu de cette qualité alimente à la fois l’owned et le earned, parce qu’il donne aux journalistes un matériau qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs.

 

Les signaux techniques et éditoriaux que les IA regardent vraiment

Commençons par un rappel qui n’a rien d’anecdotique. La majorité des bots LLM n’exécutent pas le JavaScript. Un contenu rendu côté client est tout simplement invisible pour ChatGPT ou Perplexity. Dans un de nos cas, les FAQ en 100 % JavaScript ne généraient aucune citation alors que le reste du site performait correctement. Le server-side rendering n’est plus une option, c’est le ticket d’entrée.

La fraîcheur des contenus est l’autre signal trop souvent relégué au second plan. Selon Ahrefs, les contenus cités par les IA sont 49 % plus récents que ceux remontés dans le SEO organique, 950 jours en moyenne contre 1 430. Dans un cas observé en santé en février 2026, dix des treize URL citées avaient été actualisées dans les trois mois précédents. Cadencer, actualiser et dater ses contenus n’a plus rien d’un confort éditorial, c’est devenu un levier de pilotage à part entière.

 

Deux autres points sont régulièrement négligés. Le store locator, souvent laissé en friche, pèse massivement dans les réponses géolocalisées : sur un cas de centres de lavage, il capte 52 % des citations avec une avance nette sur les concurrents. Quant à la langue, elle dépend moins du secteur que du type de requête. L’anglais dominait encore les requêtes informationnelles il y a quelques semaines, via les query fan-out multilingues de ChatGPT. Depuis la version 5.3, ces fan-out sont majoritairement en français. Traduire son contenu pour plaire aux IA n’a jamais été une bonne idée, et c’est désormais contre-productif.

 

Restent deux questions qui reviennent systématiquement.
Les avis Trustpilot ou Google My Business pèsent-ils dans les réponses ? Oui, massivement, en particulier sur les requêtes locales et comparatives, parce que les LLM s’appuient sur les tiers de confiance pour classer les enseignes.
Faut-il créer une fiche Wikidata ? L’effort est à faible rendement : le Knowledge Graph est largement alimenté automatiquement. Une page Wikipédia reste intéressante, mais elle se mérite, avec des règles strictes et une ligne purement encyclopédique.

 

Le vrai sujet du GEO est organisationnel

C’est sans doute le point le plus inconfortable du webinaire. 60 % de la réussite d’un projet GEO dépend de la capacité de l’entreprise à coordonner ses équipes. Le reste, technique, contenu, outils, ne compte que si cette mécanique-là fonctionne.

Le GEO décloisonne ce que le SEO avait pris l’habitude de travailler chacun dans son coin. SEO, édito, relations presse, social, data, IT : tout ce petit monde doit viser le même objectif et synchroniser ses prises de parole. Coordination, synchronisation, répétition. C’est cette trilogie, et elle seule, qui permet à une marque de revenir à l’esprit des utilisateurs et donc des LLM.

Une question posée en fin de webinaire résumait bien l’enjeu : qui doit porter ce rôle de chef d’orchestre côté annonceur ? Il ne s’agit pas forcément de créer un nouveau poste. Ce qu’il faut, c’est un sponsor légitimé par la direction, capable de réunir marketing, communication, commercial et IT autour d’instances régulières. Dans les grands groupes, cela ressemble à une petite révolution. Dans les PME, l’agilité naturelle rend l’exercice nettement plus accessible.

 

David Eichholtzer avait développé ce parti pris quelques jours plus tôt dans une tribune publiée dans Stratégies, où il défendait que le GEO ne peut pas rester le chantier isolé des équipes SEO et que sans cette réorganisation transverse, la promesse des moteurs IA restera une chimère pour beaucoup de marques.

 

Par où commencer dans sa stratégie GEO ?

 

Les cas que nous venons d’évoquer ne sont pas des recettes universelles. Ils convergent vers trois règles simples. Auditer sa propre thématique avant de copier une étude. Garder le budget outils à sa juste place, 10 à 15 % maximum du budget GEO. Et lancer la coordination des équipes dès maintenant, parce que c’est la partie la plus longue à installer.

 

Pour passer à l’action sans attendre, voici cinq priorités concrètes qui découlent directement des cas présentés et des enseignements du webinaire :

  1. Vérifier que les contenus stratégiques restent accessibles sans JavaScript et corriger le rendu côté serveur si nécessaire.
  2. Auditer la fraîcheur des vingt pages les plus exposées et mettre en place un cycle de mise à jour daté.
  3. Construire personas et prompts à partir d’au moins trois sources réelles : CRM, centres d’appels, moteurs internes.
  4. Désigner un sponsor côté direction capable d’aligner SEO, édito, RP, social, commercial et IT.
  5. Lancer une batterie d’une trentaine de prompts tests sur trois LLM pour mesurer votre share of voice et votre share of model.

L’arrivée de Google AI Overview en France devrait accélérer le mouvement. Les marques qui auront déjà testé, mesuré et identifié leurs leviers prendront plusieurs trimestres d’avance sur celles qui découvriront le sujet une fois Google passé à l’offensive.

Envie de savoir où se situe votre marque dans les moteurs IA ?

🎯 Le meilleur moyen de dépasser les études globales, c’est de confronter votre marque à ses propres réalités sectorielles. Découvrez le PoC GEO de l’Agence WAM et échangez avec nos experts pour faire évoluer votre stratégie Search 2026.

 

Notre premier intervenant

David Eichholtzer

J’ai créé l’Agence WAM en 2008 avec la conviction que le SEO était indissociable de la marque. C’est par le prisme du Marketing que l’approche de WAM a été développée. En conséquence, si la technique est un ingrédient indiscutable à toute campagne SEO, la recette du succès tient dans son approche pluridisciplinaire : maîtrise technique, qualité éditoriale et pertinence des Relations Presse, le tout piloté par des KPI intelligibles émanant de données fiables. Ce sont tous ces aspects et leur évolution permanente qui le passionnent depuis 20 ans.

 

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Notre deuxième intervenant

Florian Guilteaux

Champenois d’origine, Lyonnais d’adoption, Londonien de cœur, c’est là-bas que j’ai construit mes 10 ans d’expérience et que j’ai eu la chance de travailler sur de multiples projets, en agence comme chez l’annonceur. Depuis 3 ans dans l’Agence WAM, j’ai l’opportunité d’accompagner nos clients dans leur stratégie de visibilité naturelle.

 

 

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Vos questions sur le GEO

Par où commencer une stratégie GEO dans son entreprise ?

Commencez par un audit de visibilité sur les LLM : identifier les prompts pertinents à partir de vos personas réels, mesurer votre part de citation et celle de vos concurrents, cartographier vos contenus owned et earned existants. Ce diagnostic permet de bâtir un plan d'action adapté à votre secteur plutôt qu'une recette générique. Le préalable organisationnel reste déterminant : sans sponsor côté direction capable de coordonner SEO, édito, RP, social et IT, l'exécution patine très vite.

Quels leviers fonctionnent vraiment pour exister dans ChatGPT, Perplexity ou Gemini ?

Les leviers varient selon le secteur, mais quatre reviennent systématiquement : des contenus techniquement accessibles (server-side rendering et pas de contenus bloqués en JavaScript), des contenus à jour (les IA citent en moyenne des pages 49 % plus récentes qu'en SEO classique) et une amplification par les relations presse pour ancrer la marque dans les médias de référence. À l'échelle locale, les avis Google et Trustpilot pèsent également très fort.

Faut-il traduire ses contenus en anglais pour mieux exister dans ChatGPT ou Perplexity ?

Non, et c'est même devenu contre-productif sur le marché français. Pendant plusieurs mois, les query fan-out multilingues de ChatGPT renvoyaient régulièrement vers des sources anglophones, ce qui a pu alimenter l'idée qu'un contenu en anglais aidait à émerger. Depuis la version 5.3 de ChatGPT, ces fan-out sont majoritairement en français sur les requêtes françaises. La logique à suivre est donc de produire un contenu de qualité dans la langue de sa cible, et de laisser tomber les stratégies de traduction systématique destinées à plaire aux moteurs IA.

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