Digital Omnibus : ce que les marques doivent anticiper face à la réforme du consentement

Le 6 janvier 2026

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Découvrez dans ce quatrième épisode du WAMcast Actu comment le Digital Omnibus – ce nouveau Règlement de Procédure RGPD en préparation à Bruxelles – s’apprête à transformer les règles du jeu en matière de consentement, de tracking et de collecte de données. Martin Champetier, responsable du pôle Data à l’Agence WAM, analyse les impacts concrets de cette réforme sur les stratégies data des marques et partage les actions prioritaires à mettre en œuvre.

Digital Omnibus : la fin des dossiers qui dorment

Derrière ce nom technique se cache en réalité le nouveau Règlement de Procédure RGPD, qui vient d’accélérer suite à un accord historique en juin 2025. Jusqu’ici, faire appliquer le RGPD contre les géants de la Tech prenait des années, les dossiers s’enlisant dans des blocages entre pays européens.

Ce texte change la donne : il impose des délais stricts aux autorités nationales. Résultat ? Les sanctions vont tomber beaucoup plus vite et les procédures ne pourront plus traîner indéfiniment dans un tiroir administratif.

La fin programmée des « dark patterns »

L’impact le plus direct pour les marques concerne la qualité du consentement. Le Digital Omnibus s’inscrit dans une vague réglementaire plus large incluant le futur Digital Fairness Act, qui part en guerre contre les interfaces manipulatrices (les dark patterns).

Concrètement, ces boutons « Tout accepter » voyants à côté de « Tout refuser » cachés dans un menu ? C’est terminé. Les taux de consentement artificiellement élevés obtenus par ces méthodes vont donc logiquement chuter. Les marques doivent basculer d’une logique de volume de données collectées à tout prix vers une approche qualitative, fondée sur un consentement véritablement éclairé.

Cookie Pledge : vers la fin des bannières sur chaque site ?

C’est le Graal visé par Bruxelles. L’idée n’est pas de supprimer le consentement, mais de le simplifier radicalement. Au lieu de cliquer « Non » sur 50 sites par jour, les utilisateurs pourraient paramétrer leur navigateur une bonne fois pour toutes pour envoyer un signal de refus automatique.

L’objectif est clair : réduire la « fatigue du clic » pour que le consentement redevienne un vrai choix éclairé, et non plus un réflexe nerveux.

Les réserves de NOYB sur l’équilibre du texte

En novembre 2025, l’association NOYB de l’activiste Max Schrems a tiré la sonnette d’alarme. Leur crainte ? Qu’en voulant accélérer les procédures, on rende paradoxalement les plaintes plus difficiles à déposer pour les citoyens.

Le texte pourrait exiger des preuves techniques trop complexes dès le dépôt de plainte – impossible pour un utilisateur lambda. Un effet pervers qui protégerait finalement les GAFAM plutôt que les consommateurs.

Deux actions prioritaires à mettre en place

Martin Champetier pointe du doigt deux actions urgentes à mettre en place :

  • Nettoyer l’UX de vos bannières : vérifiez que vos interfaces de consentement sont irréprochables, car les contrôles vont s’intensifier rapidement.
  • Sortir de la dépendance au tracking tiers : investissez massivement sur la First Party Data (les données que vos clients vous donnent volontairement) et le Server-Side Tracking. C’est la seule stratégie pérenne pour maintenir la performance marketing dans ce nouvel environnement réglementaire.

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