Quel Search en 2026 ? Le GEO arrive, mais Google reste roi
En ce début 2026, vous voilà tiraillé entre deux injonctions : investir massivement dans le GEO (Generative Engine Optimization) pour être visible dans les IA génératives (ChatGPT,Perplexity…), ou continuer à optimiser pour Google qui génère toujours 95% de votre trafic organique. Faut-il vraiment choisir ?
Début 2025, David Eichholtzer, dirigeant de l’Agence WAM, formulait 16 prédictions sur l’évolution du Search. Un an plus tard, il les a soumises à l’analyse de ChatGPT 5.1. Le verdict : 10 prédictions très justes, 3 partiellement vraies, 2 fausses. Au-delà du score, ce bilan révèle où concentrer vos efforts en 2026.
L’écart entre usage et trafic : comprendre le paradoxe
Les chiffres de Médiamétrie (octobre 2025) impressionnent : 25 millions de Français utilisent des IA conversationnelles, soit 4 sur 10. Cette audience a triplé en un an. Chez les 15-24 ans, 75% consultent mensuellement ChatGPT ou Gemini, 25% quotidiennement.
Pourtant, vos analytics racontent une autre histoire : Google capte toujours 95% du trafic organique, les IA génératives dépassent rarement 1%. Comment expliquer ce paradoxe ?
L’étude OpenAI « How people use ChatGPT » (automne 2025) apporte la réponse : sur 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires, seulement 24% effectuent des recherches d’informations comparables à Google. 25% l’utilisent pour la rédaction, 30% pour des conseils pratiques quotidiens. Les IA conversationnelles servent d’abord à réfléchir, pas à convertir.
Le comportement type : découverte sur ChatGPT, validation sur Google, achat après vérification. Une étude SEMrush confirme que 95% des utilisateurs de ChatGPT utilisent encore Google, avec même une hausse de leurs sessions hebdomadaires. Le réflexe de vérification avant l’achat explique cela.
De la saillance au GEO : le nouveau paradigme
Avec les IA génératives, l’enjeu bascule de l’acquisition de trafic vers la disponibilité mentale. Le concept clé : la saillance.
Emprunté à Byron Sharp (« How Brands Grow »), la saillance désigne la capacité d’une marque à revenir à l’esprit au moment précis d’une décision d’achat. Appliquée au GEO, elle devient la capacité à être l’association réflexe générée par l’IA pour répondre à une intention utilisateur.
Exemple concret : interrogez Perplexity ou Gemini sur le prêt subventionné par l’entreprise. La réponse cite systématiquement Sofiap. Cette association n’est pas fortuite, c’est le résultat d’un travail de préemption thématique réalisé par l’Agence WAM. L’objectif n’est plus de capturer un clic, mais d’ancrer votre marque dans la structure mémorielle algorithmique.
Un chiffre éclaire l’enjeu : selon WPP Media, 84% des achats sont effectués par des consommateurs qui privilégiaient déjà une marque avant leur recherche. Le GEO vise deux cibles : influencer ces 84% pour faire partie des trois marques envisagées, et convaincre les 16% d’indécis.
Quatre chantiers prioritaires pour 2026
1. Transformer votre site en source de référence
Votre site doit passer de l’ère de la destination (amener du trafic) à l’ère de la source (nourrir les IA). Morgan Zeller, directeur général de WAM Mulhouse, propose la métaphore de l’iceberg : la partie émergée sert les internautes, la partie immergée alimente les bots.
Il y a donc trois piliers techniques non négociables pour votre site :
- Schema.org : structurez vos données (produits, horaires, coordonnées) pour faciliter leur interprétation par les IA.
- Core Web Vitals : 40% des internautes quittent un site qui charge en plus de 3 secondes. Les bots aussi.
- Balisage propre : un code désordonné génère des erreurs d’interprétation et des réponses IA fausses.
Tests simples : votre site charge-t-il en moins de 2 secondes ? Un outil de test des données structurées détecte-t-il vos informations clés sans erreur ? Si oui, vous êtes sur la bonne voie.
2. Créer du contenu 10x meilleur
Face à la déferlante de contenus IA, l’authenticité devient votre seul différenciateur. Quand ChatGPT ou Gemini ont la réponse dans leurs données de pré-entraînement, ils ne cherchent pas sur le web. Pour être cité, il faut apporter une réponse extraordinairement meilleure que l’existant.
Rand Fishkin parle depuis 15 ans des « 10x contents » : publier moins mais vraiment mieux. Ce principe n’a jamais été aussi crucial. Le SEO tolérait la moyenne, le GEO l’exclut.
Sources d’authenticité : retours d’expérience terrain, témoignages clients, interviews d’experts, sondages propriétaires, données exclusives, expertise interne non affichée. Le New York Times illustre cette approche avec « The Year in Visual Stories and Graphics » : sujets déjà couverts partout, mais traités avec une profondeur (vidéo, 3D, VR, podcast) qui sort du lot.
Dans votre secteur, même en PME ou TPE, vous pouvez exceller si vous avez une singularité et l’expertise pour bien en parler. Ce capital marque prend du temps à construire, mais c’est désormais votre principale barrière à l’entrée.
3. Maîtriser votre écosystème de sources
La vocation d’une IA générative interrogée sur votre marque : collecter toute l’information disponible avant d’en faire la synthèse. Ces informations se répartissent en trois catégories dont l’impact sur votre visibilité varie considérablement.
- Le owned media regroupe les contenus que vous maîtrisez : votre site web, vos comptes sociaux. C’est votre territoire.
- Le earned media représente ce halo de contenu que votre marque gagne ou mérite : mentions dans la presse, blogs, avis, réputation. C’est le plus difficile à obtenir car vous ne le contrôlez pas.
- Le shared/social media concerne ce que disent vos clients sur les plateformes sociales, forums, commentaires.
Le constat est sans appel : selon les études de veille menées par WAM, le rapport entre earned et owned dans les sources des LLM est de 80/20. Autrement dit, 80% des sources citées proviennent de ce qui se dit sur vous, contre seulement 20% de vos propres contenus. Votre réputation externe pèse quatre fois plus lourd que votre communication propriétaire.
Ce déséquilibre impose une question stratégique : où investir concrètement pour maximiser ce earned media ? La réponse varie radicalement d’un secteur à l’autre.
4. Identifier vos plateformes pertinentes
Les études américaines recommandent d’être partout : Reddit, YouTube, LinkedIn, TikTok. Résultat : la panique générale. La réalité est plus simple : soyez là où votre audience est, avec le bon format au bon moment.
Les audits de visibilité IA menés par WAM révèlent des écarts sectoriels majeurs. Exemple de la santé : dans ce domaine, les IA ne citent pas le social media (sujet trop sensible). Les sources privilégiées sont :
- Les institutions françaises qui régulent la santé
- La presse spécialisée pour la légitimité
- Les plateformes de prise de rendez-vous
- Les marques spécialistes cadrées
- Les associations d’entraide de pathologie
Pour ce secteur, Reddit ne sert à rien, YouTube apporte peu. L’effort doit porter sur les références institutionnelles, les relations presse spécialisée, et les partenariats terrain avec associations et mutuelles. Chaque secteur a son propre écosystème de sources.
Le répit français : une fenêtre d’action
Contrairement aux États-Unis, AI Overview n’est pas encore déployé massivement en France. Ce délai vous offre le temps de :
- Auditer votre visibilité actuelle dans ChatGPT, Perplexity et Gemini
- Identifier les sources externes qui citent (ou ignorent) votre marque
- Corriger vos fondations techniques (vitesse, données structurées, balisage)
- Développer une stratégie éditoriale différenciante
Les projections américaines évoquent une baisse de 20 à 50% du trafic traditionnel pour les marques non préparées. Mais ce trafic restant sera ultra-qualifié : des visiteurs déjà éduqués, plus loin dans l’entonnoir.
Moins de volume, meilleure conversion. L’enjeu devient de leur offrir une expérience de navigation irréprochable.
Le Paid comme pilier de stabilité
Dans cette tempête, le paid advertising reste un océan de sérénité. Google génère 35 milliards de dollars de bénéfices nets par trimestre grâce à la publicité. Cette machine à cash ne sera pas mise en péril.
ChatGPT et Copilot lancent leurs solutions publicitaires. Perplexity expérimente. Les pertes d’OpenAI (12 milliards de dollars au troisième trimestre 2025) rendent la monétisation urgente. 2026 sera l’année de l’accélération publicitaire dans les IA.
Le rôle du paid évolue : au-delà du clic immédiat, il devient moteur de notoriété et de saillance. Le duo organic-paid est gagnant : l’organique prouve votre expertise, le paid assure la continuité de votre visibilité et renforce votre autorité digitale. En 2026, vous devez occuper l’espace en permanence sur vos sujets clés.
Mais comment arbitrer vos investissements ? Trois principes : maintenir une présence forte sur Google Ads (c’est là que se font les conversions), expérimenter progressivement les nouveaux formats IA avec des budgets contrôlés, mesurer rigoureusement les performances secteur par secteur.
Évaluer votre maturité GEO : par quoi commencer ?
Six questions essentielles pour mesurer votre niveau de préparation :
- Testez la vitesse de votre site : charge-t-il en moins de 2 secondes ?
- Vérifiez vos données structurées avec un outil en ligne (Schema.org)
- Interrogez ChatGPT, Perplexity et Gemini sur vos requêtes clés : apparaissez-vous ?
- Identifiez 3 sources externes (médias, associations, influenceurs) qui devraient parler de vous
- Listez votre expertise unique, celle qui n’est documentée nulle part
- Calculez votre taux de dépendance à Google : que se passe-t-il si vous perdez 30% de ce trafic ?
Si vous répondez « non » ou « je ne sais pas » à plusieurs questions, vous n’êtes pas en retard, vous êtes dans la moyenne. L’essentiel est de commencer maintenant, méthodiquement.
Search 2026 : coexistence, pas substitution
Les fondamentaux marketing restent valables : être où votre audience cherche, créer du contenu authentique et différenciant, construire un capital de marque solide, offrir une expérience irréprochable. Ce qui change, c’est leur application : le site devient autant source que destination, le contenu doit être 10 fois meilleur pour être cité, la présence s’étend à un écosystème de sources externes.
Google reste le valideur de confiance avant l’achat. Les IA deviennent les assistants de découverte et de réflexion. Ne choisissez pas : préparez-vous pour les deux. La transition sera progressive, pas brutale. Vous avez le temps de vous adapter, à condition de commencer maintenant.
Rendez-vous en janvier 2027 pour le bilan Search 2026. D’ici là, il y a du travail sur le terrain.
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