Ce qu’il faut retenir de ce webinaire
- L’IA générative ne remplace pas Google : elle s’y ajoute. 95 % des utilisateurs de ChatGPT continuent d’utiliser Google.
- Votre marque n’est plus une destination, mais une source pour les LLM. L’enjeu : devenir la source citée en premier.
- Les fondamentaux techniques du SEO sont le socle du GEO. Rien de nouveau mais tout devient obligatoire.
- Les LLM puisent 65 à 80 % de leurs réponses dans le earned media (relations presse, avis, forums). Le owned media ne suffit plus.
- Le GEO est un sport d’équipe : SEO, RP, Paid, Social et équipes internes doivent travailler ensemble.
1. Le point de bascule : comment vos futurs clients vous trouvent a changé
4 Français sur 10 utilisent aujourd’hui l’IA générative (Médiamétrie, septembre 2025). ChatGPT s’est hissé dans le top 5 des sites les plus visités au monde en un temps record, preuve que l’IA n’est plus un outil de niche, mais une destination quotidienne pour des millions d’utilisateurs.
Pourtant, l’erreur serait de penser que ChatGPT a tué Google. En réalité, 95 % des 462 millions de visiteurs mensuels de ChatGPT utilisent également Google. Les deux outils cohabitent et répondent à des usages distincts : Google reste le réflexe de vérification et d’accès au site, l’IA devient le moteur de raisonnement et de synthèse en amont.
Pendant ce temps, Google Gemini atteint 750 millions d’utilisateurs actifs mensuels et rattrape rapidement son retard. Google AI Overview et AI Mode sont déjà exposés à 2 milliards d’utilisateurs dans le monde, et la France n’est pas en reste. L’attention des marketeurs doit se concentrer là où se concentre celle des utilisateurs : sur ce triptyque moteurs de recherche / réseaux sociaux / IA générative.

2. De la destination à la source : le pivot stratégique que toutes les marques doivent opérer
Pendant plus de 20 ans, le contrat entre Google et les annonceurs était simple : vous fournissez vos contenus, Google vous envoie du trafic. L’objectif SEO était clair : occuper la première page.
L’IA générative rompt ce contrat. Elle se nourrit de vos contenus, les synthétise et fournit la réponse directement à l’utilisateur. Résultat : votre marque n’est plus la destination finale, mais une simple source pour l’IA, souvent reléguée au second plan.
Ce changement se mesure concrètement dans le parcours d’achat. Avant l’IA, il fallait jusqu’à 100 points de contact entre la première recherche et l’achat (Google ThinkWithGoogle). Aujourd’hui, ChatGPT, Gemini et Perplexity centralisent découverte, comparaison et prise de décision au sein d’une même conversation. Selon McKinsey, toutes les étapes de haut de funnel sont raccourcies.
Là où l’impact est le plus fort : les phases informationnelles et de comparaison. Là où l’IA pèse encore peu : les étapes transactionnelles, où Google et le paid restent dominants.
« Avec les IA génératives, nous passons d’une ère d’acquisition de trafic à une ère de disponibilité mentale et d’influence. » – David Eichholtzer
C’est ce que les chercheurs appellent la saillance de marque, un concept théorisé par Byron Sharp dans How Brands Grow. Appliquée au GEO, la saillance devient la capacité d’une marque à devenir l’association réflexe générée par l’IA pour répondre à une intention utilisateur donnée.
Exemple concret : tapez « CRM pour PME » dans ChatGPT. HubSpot remonte systématiquement en premier, parce que la marque a investi massivement dans les contenus éducatifs qui ont imprégné les bases d’entraînement des LLM. HubSpot incarne la marque autoritaire sur sa thématique.
C’est précisément l’enjeu de la Digital Brand Authority, structurée autour de 4 piliers :
- L’expertise : démontrer qu’on est le leader par la pertinence des contenus
- La crédibilité : se mériter dans l’écosystème via les RP, les médias, l’influence
- La confiance : transformer l’intérêt en préférence durable via les avis clients
- La conversation : rester visible là où vos cibles s’expriment (forums, commentaires, réseaux sociaux)
3. Rendre votre site « interrogeable » : ce qui est désormais non optionnel techniquement
Pour les équipes en charge du site, la question n’est pas « faut-il agir ? » mais « que toucher en priorité ? »
« Techniquement, les fondamentaux du SEO sont le socle du GEO. » – Morgan Zeller

La métaphore de l’iceberg est éclairante. La partie émergée (vos textes, visuels, vidéos) est ce que les agents IA voient en premier. Mais c’est la partie immergée qui détermine si votre site sera effectivement interrogeable.
Les données structurées (schema.org) : le traducteur universel
Les balises schema.org permettent aux bots d’interpréter correctement vos contenus. Un contenu mal structuré génère des hallucinations dans les réponses LLM soit des informations fausses attribuées à votre marque. Les incontournables à implémenter :
- Article : pour les contenus éditoriaux et blogs (avec auteur et date)
- FAQ : pour structurer les questions-réponses que les LLM adorent
- LocalBusiness : pour qualifier l’identité et la zone de chalandise des entreprises locales
- Organization : pour ancrer l’identité de l’entreprise dans les bases des LLM
- Product : pour les fiches e-commerce (prix, disponibilité, description)
- HowTo : pour les tutoriels et guides pratiques
- BreadcrumbList : pour aider les agents à comprendre la structure du site
La vitesse de chargement : vitesse = visibilité, lenteur = disqualification
40 % des internautes quittent un site qui met plus de 3 secondes à charger (selon une étude de Browserstack). C’est pareil pour les bots IA. Les LLM fonctionnent en temps réel et écartent les sites trop lents pour générer leurs réponses. Le seuil critique : un temps de réponse serveur inférieur à 200 ms est fortement recommandé pour un crawl efficace par les agents IA.
À noter : 30 % du trafic web mondial provient désormais de bots. L’activité de Googlebot a bondi de 96 % entre 2024 et 2025. Votre hébergement doit absorber cette charge sans fléchir.
L’UX : chaque visiteur est désormais ultra-qualifié
Puisque l’IA réduit le trafic informatif, chaque visiteur qui atterrit sur votre site a déjà fait sa recherche en amont. Il est qualifié, décidé, et attend une expérience de conversion parfaite. Préparez son arrivée, soignez sa visite, encouragez son retour.
Utilisé dans le cadre d’un audit technique complet, ce travail sur l’infrastructure permet de mesurer sa dette technique via des outils gratuits : PageSpeed Insights, Google Search Console et WebPageTest.
4. Misez sur l’authenticité : produire le contenu que l’IA ne peut pas reproduire

Cette phrase résume l’évolution en quatre temps :
- 2020 : il nous faut plus de contenu
- 2022 : il nous faut un meilleur contenu
- 2024 : il nous faut du contenu généré par l’IA
- 2026 : il nous faut du contenu que l’IA ne peut pas reproduire
Owned media vs. Earned media : l’équation qui change tout
Les LLM construisent leurs réponses en puisant dans un large spectre de sources. La répartition observée dans les audits WAM :
| Source | Part dans les réponses LLM |
|---|---|
| Owned media (site, blog, réseaux sociaux) | 25 à 35 % |
| Earned media (presse, avis, forums, UGC) | 65 à 80 % |
Ce chiffre change tout. Ce qui se dit de votre marque en dehors de votre site pèse 2 à 3 fois plus que ce que vous publiez vous-même. Le SEO classique suffisait à optimiser le owned. Le GEO exige de travailler simultanément le owned et le earned.
Le contenu owned : l’E-E-A-T comme boussole éditoriale
Comme en SEO, le quatuor Expertise, Expérience, Autorité, Fiabilité reste l’étoile polaire.
Concrètement :
- Mentionner l’auteur pour chaque contenu publié
- Inclure des données quantitatives et des sources nommées
- Actualiser régulièrement les contenus existants (horodatage visible)
- Valoriser l’expertise terrain de vos équipes. C’est là que réside ce que l’IA ne peut pas reproduire
Structurer ses contenus en clusters sémantiques
Idéal pour les marques qui veulent construire une stratégie éditoriale durable, la méthode que nous recommandons est la suivante. Identifier 3 à 5 clusters d’intentions prioritaires, puis produire pour chaque cluster des contenus alignés sur des scénarios d’usage concrets.
Chaque contenu doit :
- Expliquer dans quelle situation un produit ou service est utile, pas seulement ce qu’il est
- Inclure des formulations du type « Idéal pour…« , « Utilisé dans le cadre de…« , « Permet de répondre à…«
- Être rédigé en langage naturel, comme un assistant IA le ferait
Pour les contenus à volume SEO quasi nul : il ne faut surtout pas les ignorer. En GEO, un contenu ultra-ciblé qui répond précisément à une question de niche peut être repris systématiquement par les LLM, là où la requête SEO n’aurait jamais justifié l’investissement.
La vidéo YouTube : non négociable
YouTube ressort aussi bien dans les réponses de Gemini que de ChatGPT et Perplexity. La vidéo fait partie du mix de contenu. C’est désormais obligatoire, pas optionnel. Elle est particulièrement efficace sur les sujets tutoriels, maison, mode, jardinage mais moins sur les secteurs « Your Money Your Life » (santé, finance) où les LLM restent encore plus prudents.
Le earned media : les relations presse comme levier n°1
L’étude SimilarWeb (septembre 2025) est sans ambiguïté : les médias représentent la première source de légitimité des LLM. OpenAI a signé des accords avec Le Monde et l’AFP en France, Perplexity également avec Le Monde. Les marques citées dans ces médias bénéficient d’une exposition privilégiée dans les réponses des LLM.
Deux cas clients illustrent l’impact des relations presse sur la visibilité GEO :
Cas Sofiap (récompensé aux Semy Awards 2025) : 125 retombées presse sur l’année, plus de 422 millions d’audience potentielle cumulée. Résultat : la marque « Sofiap » est citée sur 75 % des questions testées sur Perplexity, Gemini et ChatGPT. En parallèle : +50 % de requêtes marque et +48 % de trafic marque vs N-1.
Cas Deuxièmeavis.fr : 60 à 80 retombées presse par an depuis 2018. Sur un échantillon de questions testées : 93 % de citations pour les questions informationnelles liées à une pathologie, 77,8 % pour des questions génériques. La régularité des RP dans la durée est ce qui ancre la marque dans les « neurones » des LLM.
5. Les enjeux du Paid : investir là où vous êtes déjà performant
Le search, c’est aussi le paid, et Google l’a bien compris. Google génère environ 35 milliards de dollars de bénéfices nets par trimestre, quand OpenAI accumule environ 12 milliards de pertes sur la même période. Le modèle publicitaire de Google est intact, et le paid reste un levier incontournable.
Deux constats opérationnels importants :
- Google Ads n’est pas un outil exploratoire. Il amplifie ce qui marche déjà. Exemple observé : un site avec un taux de clic SEO de 1 % en position 5 (dans un environnement de SERP très saturé) récupère 10 % de taux de clic sur des expressions équivalentes en paid. La prédominance du paid dans les SERPs (shopping, annonces, comparateurs) relègue le SEO classique plusieurs écrans plus bas sur certaines requêtes transactionnelles.
- Le paid couvre les 4 étapes du parcours. YouTube + Demand Gen pour la notoriété, Performance Max et Search pour la considération et la conversion, Remarketing pour la fidélisation. Quelle que soit l’étape, la stratégie SEA complète la stratégie SEO/GEO.
En complément, certains médias autorisent le crawl de leur contenu par les IA pour la partie payante, notamment Prisma Media. Acheter une présence dans ces supports peut permettre d’apparaître dans les réponses LLM là où l’organique met du temps à s’installer.
6. Décloisonner pour régner : le chantier organisationnel que personne n’anticipait
« Le SEO pouvait travailler presque tout seul. Maintenant, tout le monde remonte d’un cran. » – David Eiccholtzer
C’est probablement le changement le plus sous-estimé du passage au GEO. La visibilité dans les LLM ne se construit plus dans un silo SEO. Elle se construit en coordonnant toutes les prises de parole de la marque sur l’ensemble des canaux et des équipes.
Permettre à sa marque d’être citée par les LLM implique d’aligner :
- Digital Marketing et SEO : stratégie de contenu, optimisation technique
- Communication et RP : relations presse, mentions médias, influence
- Commercial : remontée des vraies questions terrain, des cas d’usage réels
- Product Owners : mise en avant des spécificités produits non reproductibles par l’IA
- RH : marque employeur, visibilité sur LinkedIn
- IT : performance technique, hébergement, données structurées
- Agence partenaire : en prolongement cohérent de l’ensemble
Notre méthode pour un audit GEO et un plan d’action réussis : choisir ses batailles thématiques, associer la marque à ses clusters prioritaires sur tous les canaux avec un discours harmonisé, puis étendre progressivement.
C’est ce que nous appelons le PoC GEO : une approche test & learn avant déploiement à grande échelle.
7. Piloter autrement : les nouveaux indicateurs du succès GEO
Le trafic organique va baisser : c’est une réalité déjà vue outre-Atlantique, avec des pertes de 20 à 30 % de trafic informatif depuis le déploiement de l’AI Overview sur Google. Habituer les marketeurs et dirigeants à cette nouvelle réalité est un pré-requis.
Les KPIs qui remplacent (ou complètent) le trafic :
- Share of Voice (SOV) : la fréquence à laquelle votre marque est mentionnée ou citée par les LLM par rapport à vos concurrents. C’est votre taux de visibilité dans les réponses IA.
- Share of Model (SOM) : la probabilité statistique que l’IA associe votre marque à une expertise spécifique. C’est l’ancrage dans les « neurones » du modèle.
- Le sentiment : la tonalité associée à vos mentions et citations.
Ces indicateurs sont fournis par une nouvelle génération d’outils dédiés au GEO :
| Niveau | Outils |
|---|---|
| Best in class | Profound, Funnel |
| Pour démarrer | Peec.AI, Otterly, BotRank (lyonnais), Gumshoe |
| All-in-one | SEMrush, Ahrefs |
| Bon rapport qualité/prix | Keyword.com, Ziptie |
Feuille de route Search 2026 : 3 axes majeurs
Axe 1 – Passer de la destination à la source
Votre site n’est plus seulement une vitrine : c’est une base de données pour les agents IA. Priorité à l’optimisation de la partie immergée de l’iceberg (données structurées, TTFB < 200 ms, balisage schema.org).
Axe 2 – Bâtir votre Digital Brand Authority
Les LLM tirent 65 à 80 % de leurs sources du earned media. Renforcez vos relations presse digitales et votre présence sur les plateformes tierces (YouTube, LinkedIn). Misez sur l’authenticité terrain et les données exclusives que l’IA ne peut pas reproduire.
Axe 3 – Piloter par la saillance
Dépassez le simple taux de clic. Mesurez votre Share of Voice et votre Share of Model. Cassez les silos internes : le GEO est un sport d’équipe qui nécessite d’aligner SEO, Paid, Social et RP autour d’un narratif unique.
Notre premier intervenant
David Eichholtzer
J’ai créé l’Agence WAM en 2008 avec la conviction que le SEO était indissociable de la marque. C’est par le prisme du Marketing que l’approche de WAM a été développée. En conséquence, si la technique est un ingrédient indiscutable à toute campagne SEO, la recette du succès tient dans son approche pluridisciplinaire : maîtrise technique, qualité éditoriale et pertinence des Relations Presse, le tout piloté par des KPI intelligibles émanant de données fiables. Ce sont tous ces aspects et leur évolution permanente qui le passionnent depuis 20 ans.
Voir tous les contenus de David
Notre deuxième intervenant
Morgan Zeller
Fort de 20 ans d’expérience en agence, je traverse avec une curiosité intacte les mutations de la recherche et de la publicité en ligne ! Mon sujet de prédilection : l’industrie, ses contraintes, ses process.
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